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La canicule cède la place aux orages, les premiers signes de surmortalité apparaissent
information fournie par AFP 27/06/2026 à 22:59

Un ventilateur près d'une fenêtre ouverte à Paris le 26 juin 2026 ( AFP / JOEL SAGET )

Un ventilateur près d'une fenêtre ouverte à Paris le 26 juin 2026 ( AFP / JOEL SAGET )

La canicule amorce son reflux ce week-end en France, avec une forte activité orageuse et la fin de la vigilance rouge attendue dimanche soir, mais les premiers signes de surmortalité apparaissent après une semaine qui a épuisé les corps.

Les orages ont débuté en fin de journée dans plusieurs régions, avec de "très fortes rafales" de vent, de la grêle, et "une activité électrique marquée", selon Météo-France.

L'Observatoire des orages Keraunos a même enregistré une rafale de 145 km/h près de Blois (Loir-et-Cher), et près de 13.000 impacts de foudre au cours des six dernières heures.

Plus de 30 départements sont en vigilance orange orages, dont Paris. La ville a fermé ses parcs, jardins et le site de baignade du canal Saint-Martin en fin d'après-midi.

La finale de Top 14 entre Toulouse et Montpellier au Stade de France près de Paris a été brièvement interrompue en raison des orages. Des grêlons de plusieurs centimètres de diamètre ont par ailleurs frappé les Yvelines, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

"Supérieur à la normale"

Conséquence de cette canicule exceptionnelle, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a indiqué observer "un nombre de décès supérieur à la normale", dans un entretien à La Tribune. "On a des signaux qui montrent qu'il y aura très probablement une mortalité plus élevée qu'à la même période l'an dernier", a-t-elle ajouté.

"Les chaleurs extrêmes de ces derniers jours agissent avec un effet retard, notamment chez les personnes fragiles mais aussi chez certains plus jeunes, qui arrivent aux urgences parfois cinq à dix jours après la canicule", a expliqué la ministre.

Les autorités ont de plus comptabilisé 74 décès par noyade depuis le 18 juin en France, "en grande partie sur des plans d'eau non autorisés, non surveillés: les fleuves, les rivières, les étangs, notamment", où beaucoup se baignent en quête de fraîcheur, a précisé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, dans un entretien au Parisien.

Une personne se repose sur un lit de camp dans un centre d'hébergement d'urgence pendant la vague de chaleur à Paris, le 26 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

Une personne se repose sur un lit de camp dans un centre d'hébergement d'urgence pendant la vague de chaleur à Paris, le 26 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

L'AP-HP (hôpitaux publics parisiens), où le plan blanc d'urgence sanitaire a été déclenché, fait état d'une activité "exceptionnellement élevée" dans les services d'urgence parisiens et d'une hausse de 80% cette semaine des appels au Samu à Paris et dans sa petite couronne.

Dans le Nord, le Samu a reçu samedi 24% d'appels en plus que la même journée en 2025, selon la préfecture, et l'activité secours à la personne des pompiers a augmenté de 34% par rapport à l'an dernier.

"Si la canicule recule, ses effets sur la pression sur le système de santé, eux, restent devant nous", a prévenu Matignon.

Plus intense qu'en 2003

La vigilance rouge canicule concerne encore 37 départements du quart nord-est samedi, mais plus que 24 dimanche au petit matin.

Dès 06H00 dimanche, 22 départements, dont ceux de l'Ile-de-France, rétrograderont en vigilance orange, et l'alerte maximale sera levée à 22H00 pour les deux derniers départements, en Alsace.

Principalement causé par la combustion des énergies fossiles, le changement climatique intensifie les vagues de chaleur comme celle qui étouffe une grande partie de l'Europe où, selon un calcul de l'AFP, au moins 193 millions de personnes ont connu samedi des températures supérieures à 35°C. Ces épisodes ont de lourdes implications économiques ou sanitaires.

"Cet épisode exceptionnel dépasse celui d'août 2003 en termes d'intensité et est équivalent en termes de durée", affirme Météo-France samedi. De quoi épuiser les organismes.

"Quatre à cinq heures de sommeil alors qu'il me faut six à sept heures... On tire sur la corde", déclare Nelly Koebel, 37 ans, dans le centre de Strasbourg.

La canicule "fait mourir, hélas, des personnes qui ne devraient pas mourir", "de 40, de 50 ans" qui "sont chez elles, isolées", selon Antoine Alibert, adjoint au maire de Paris chargé de la Santé, qui pointe cet "angle mort" des décès à domicile.

Des chambres funéraires saturées

Il faut toutefois des mois ou plus pour déterminer la surmortalité liée à la chaleur, décrite comme "un tueur silencieux". La causalité est souvent difficile à démontrer. Selon l'agence Santé publique France, la chaleur a tué quelque 5.700 personnes en France en 2025.

Un soignant pousse un brancard dans les couloirs des urgences de l'hôpital Pellegrin, à Bordeaux, le 23 juin 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Un soignant pousse un brancard dans les couloirs des urgences de l'hôpital Pellegrin, à Bordeaux, le 23 juin 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire, constate "depuis 24 à 48 heures, une saturation des chambres funéraires, avec une grande disparité selon les régions".

C'est le cas à Paris, qui ne dispose que de deux funérariums. "Depuis ce matin, ils n'ont plus de capacité d'accueil et on reporte la capacité sur la petite couronne", a affirmé à l'AFP la déléguée générale de la fédération nationale du funéraire, Elisabeth Charrier.

Graphique montrant les journées les plus chaudes en France, d'après l'Indicateur thermique national, température moyenne quotidienne mesurée par Météo-France dans 30 stations de référence depuis 1947, jusqu'au 26 juin 2026 ( AFP / Sylvie HUSSON )

Graphique montrant les journées les plus chaudes en France, d'après l'Indicateur thermique national, température moyenne quotidienne mesurée par Météo-France dans 30 stations de référence depuis 1947, jusqu'au 26 juin 2026 ( AFP / Sylvie HUSSON )

Le risque d'incendie est accru avec les fortes chaleurs, comme en Haute-Loire où un incendie a déjà parcouru 70 hectares. La préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes indique sur X que "près de 700 sapeurs-pompiers sont mobilisés" pour "éteindre une dizaine de feux de végétation de tailles diverses".

Partout, des événements ont été reportés: festival Solidays, Marche des Fiertés LGBTQIA+ à Paris, trois jours de concerts à Chambord. La préfecture de police de Paris a également interdit par arrêté une manifestation et un festival prévus dimanche.

Laurent Nuñez comptabilise "336 mesures liées à la canicule" prises par les préfets en France, dont "64 arrêtés d'interdiction d'événements sportifs et 14 arrêtés pour des événements culturels".

2 commentaires

  • 22:43

    La France a détruit son industrie pour lutter contre le changement climatique. On a juste oublié qu'on était 67 millions de français pour plus de 8 milliards d'étrangers. A l'arrivée, on n'a plus d'industrie, on est ruiné et on a quand même le changement climatique.


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